10 mars 2005
A déconseiller aux âmes sensibles
L'autre jour, sur les boîtes de nausicaa, qui avait intitulé un billet "monstre !", j'ai laissé un petit commentaire, par association d'idées, en relation avec le commentaire précédent d'ailleurs, où il était question de monstre sous le lit ou dans le placard : dans les placards, il y a aussi des cadavres, et bien qu'on n'aime guère les retrouver, on finit toujours par y retomber dessus, d'une façon ou d'une autre.
Ce sont bien sûr des cadavres au figuré, du moins je l'espère, à moins que l'on ne retrouve un jour, dans le placard, le cadavre de l'amant de votre femme ou celui de la maîtresse de votre mari, qui n'osaient plus sortir dudit placard de peur d'être découvert...
Bon donc, soyons sérieux, il n'y a pas de cadavre dans votre placard.
Encore que, à y réfléchir d'un peu plus près, peut-être bien que si... Voyons, regardez plus attentivement : mais si, regardez ! Là, dans le petit coin, il y a une toile d'araignée avec le cadavre d'une mouche qui date de l'été dernier...
Ce soir, dans votre assiette, il y avait bien peut-être un morceau de cadavre de vache, de cochon ou de poulet...
Et ce cadavre était peut-être même exquis !
Dans le congélateur, vous avez sans doute quelques cadavres de poissons.
Allez, après dîner, une fois que vous aurez débarrasé la table et que vous aurez mis dans un petit coin de la cuisine les cadavres que vous porterez plus tard au collecteur de verre, vous vous installerez confortablement devant le journal télévisé et vous en verrez quelques-uns de cadavres, et même sans doute du genre humain ceux-là. Et il y a fort à parier que dans le film qui suivra, vous en verrez d'autres... Oh, bien sûr, ce n'est pas tous les soirs qu'on va avoir droit à un film comme "Les rivières pourpres" qui vous en montrent des bien amochés, en gros plan, sous toutes les coutures, sous toutes les sutures, sous toutes les jointures...
Mais enfin, bon an, mal an, avec toutes les catastrophes qui frappent la planète, et l'imagination morbide de nombreux réalisateurs, vous pouvez faire une moisson respectable.
Avant d'aller vous coucher, n'oubliez pas de remettre de l'eau dans le vase où il y a les cadavres des roses.
Ah non, tiens, c'est marrant ça : un cadavre, c'est un organisme qui a été vivant et qui ne l'est plus: mais ça marche juste pour les animaux et pour l'homme qui est un animal aussi. Mais pour les végétaux, non, ça ne marche pas.
C'est la mort réelle ou la forme réelle de la mort, un cadavre... Ce qui le différencie du pur néant. C'est l'enveloppe qui contenait la vie...
Mais une tige de pissenlit, c'est bien une enveloppe qui contenait la vie ?
C'est curieux, tout de même, le langage et les idées...










