29 avril 2005
Etape landaise
Je squatte la connexion internet de mon fils aîné, Benoit, qui s'est installé à Mont de Marsan dans les Landes et chez qui je fais une petite étape. On parlait d'anniversaires en avril... Eh bien, en voici un autre : celui de Benoit, qui a vingt-cinq ans aujourd'hui !
J'ai passé une très agréable nuit dans la forêt landaise, à quelques kilomètres seulement de l'entrée de Mont de Marsan. Il fait un temps magnifique, et je dois dire que la chaleur surprend plutôt après le début de semaine réfrigérant que l'on a connu en Île de France...
27 avril 2005
Vacances
Je vais partir tout à l'heure, reprendre la route avec la bonne vieille Caravelle...
Je serai parti pour une dizaine de jours...
Si je trouve d'aventure une borne WIFI, je pourrai peut-être revenir faire un petit tour sur Internet, voire poster un article ou deux, mais c'est très aléatoire...
Dans l'attente, vous pouvez toujours écouter un enregistrement que j'ai fait pour vous...
Hasta luego...
26 avril 2005
Miniature olfactive
Merci Taian Akita pour avoir lancé la miniature de cette semaine. Pour ceux qui ne comprennent pas bien ce qu'est une miniature, elle a rédigé d'ailleurs un billet à ce sujet.
* Votre première émotion parfum ?
Il y avait près de l’école maternelle que j’ai fréquentée à Vals les Bains une brûlerie de café et lorsque je sortais, à quatre heures et demi, je sentais presque toujours cette odeur de café fraîchement torréfié…
* Avez-vous un parfum pour séduire ?
Aucun : mon charme naturel me parait suffisant…
* Un parfum d'homme (ou de femme) qui vous envoûte ?
Je serais incapable de mentionner les parfums des femmes que j’ai connues…
* Votre odeur de fleur préférée ?
J’adore le parfum du chèvrefeuille et celui des roses, aussi.
* Votre pire souvenir olfactif ?
L’odeur du chien que j’avais lorsque j’habitais à Dampierre une fois qu’il était revenu de l’une de ses innombrables fugues et qu’il s’était roulé avec bonheur dans des déchets de poissons pourrissant dans les poubelles des restaurants du coin qui débordaient… Ce fox-terrier caractériel m’en avait fait voir plus que de raison, à l’époque…
* Quelle odeur vous apaise ?
L'odeur d’encens.
* Quelle senteur vous bouleverse ?
Les odeurs de la ferme, la litière des vaches encore fumante que l’on vient de sortir dans la cour, l’odeur de l’étable, et celle de la terre chaude de juin après un orage.
* Avez-vous déjà eu un coup de coeur olfactif ?
Oui, l'encens "Fragrance Océan", trouvé chez Nature et Découvertes.
* Quelle odeur vous chatouille agréablement les narines le matin ?
L’odeur du café qui coule, et mieux encore, celle du petit noir qu’on boit sur le zinc.
* Une odeur qui vous rappelle les vacances ?
Je fais exactement la même réponse que Taian Akita : L'iode et le parfum du large, la mer, les embruns, l’odeur des ports de pêche…
* Un parfum qui vous parle d'enfance ?
L’eau de fleur d’oranger car ma grand-mère l’utilisait beaucoup pour parfumer les gâteaux qu’elle faisait à son petit-fils adoré…
* Avez-vous un rituel parfum insolite ?
J’ai fabriqué ce que mes enfants appellent « le tiroir de mer » : c’est en effet comme un tiroir dans lequel j’ai mis du sable, des cailloux, des coquillages, de petits morceaux de bois flottés et autres éléments que l’on peut trouver communément sur une plage. Il est posé sur une très vieille valise qui a appartenu à mon grand-père et qui évoque le voyage...J’y allume de petites bougies et je fais brûler un bâtonnet d’encens qui dégage une odeur de mer. Dans le même temps, je mets un disque de musique type relaxation avec des bruits de l’océan…
Pour terminer, je reproduis ici un billet (inspiré par Nausicaa) que j'avais posté dans mon précédent blog :
L’odeur
De la terre chaude qui reçoit sa première pluie,
L’odeur
Du genêt mouillé dans le chemin qu’on suit le long de la rivière,
L’odeur
De la menthe que le pied a froissée,
L’odeur
Des écorces humides et des pommes de pin écrasées,
L’odeur
De la ferme près de la maison quand on rentre,
L’odeur
De la soupe de légumes qui cuit quand on pousse la porte,
L’odeur
Du café qui coule goutte à goutte,
L’odeur
Du fagot de brindilles qu’on a mis dans le feu,
L’odeur
De la cheminée qui pétille,
L’odeur
De l’armoire avec son linge blanc,
L’odeur
De l’escalier ciré qui monte au grenier,
L’odeur
De cette vieille malle qu’on vient d’ouvrir,
Et le goût
De cette larme qui roule à ce souvenir…
Et pour finir, lisez, si ce n'est déjà fait cet excellent bouquin de Patrick Suskind, "Le parfum"...
25 avril 2005
Draps au soleil
24 avril 2005
Happy birthday
Joyeux anniversaire, Vicky !
C'est Benjamin qui lui a fait son gâteau. Elle n'a pas vraiment réussi à souffler sa bougie, mais pour dévorer le gâteau...
il ne lui a pas fallu longtemps...
Je ne peux m'empêcher de penser à ce passage de "l'écume des jours" :
"- Bonjour, Colin, dit Isis, vous allez bien ?
Il l'attira vers lui et l'embrassa près des cheveux. Elle sentait bon.
- Mais ce n'est pas mon anniversaire ! protesta Isis, c'est celui de Dupont !
- Où est Dupont ? Que je le congratule !...
- C'est dégoûtant, dit Isis. Ce matin, on l'a mené chez le tondeur pour qu'il soit beau. On l'a fait baigner et tout, et, à deux heures, trois de ses amis étaient ici avec un ignoble vieux paquet d'os et ils l'ont emmené. Il va sûrement revenir dans un état affreux !...
- C'est son anniversaire, après tout, observa Colin."
Boris Vian, l'écume des jours, J-J Pauvert, 1963.
23 avril 2005
La maison de Chenevières (6)

Où l'on évoque le problème du terrain qui tourne à la forêt vierge...
22 avril 2005
Le hameau hier et aujourd'hui
L'entrée du hameau aujourd'hui...
Le même endroit il y a quelque temps déjà...
21 avril 2005
Parler de son blog (2)
L'ISBN (Institut de Sondage Blogosphérique National) nous livre enfin les conclusions de son étude :
30 % des blogueurs interrogés disent avoir peu ou pas du tout d'amis, enfin, de vrais amis, des gens qui ne les ont pas déçus dans la "vraie vie". Car justement, les blogueurs sont peut-être plus enclins à être déçus par les amis en "chair et en os" : ce n'est qu'une hypothèse mais c'est peut-être parce qu'ils ont paradoxalement l'impression d'avoir des relations plus superficielles avec ces derniers qu'avec leurs amis blogueurs...
Néanmoins, il reste les 70 % pour lesquels on peut penser qu'ils ont un nombre d'amis comparable aux non-blogueurs...
Sur l'ensemble des blogueurs interrogés, seulement 10% déclarent ne pas être déçus par les réactions de leurs amis auxquels ils ont communiqué l'adresse de leur blog...
40 % déclarent qu'ils ne risquent pas d'être déçus puisqu'il est hors de question qu'ils communiquent l'adresse de leur blog aux amis ou à la famille. L'argument principalement avancé est que leur blog doit rester un jardin secret. Le fait de communiquer l'adresse à des gens de la vie courante leur donnerait le sentiment d'être ensuite moins libre de s'exprimer sur leur blog. En outre, l'idée est émise que le blogueur n'écrit au fond que pour lui-même.
Enfin, 50% déclarent avoir été globalement déçus dans ce genre de circonstances par l'absence d'intérêt suscité chez les amis mis dans la confidence... (et ce n'est pas du bégaiement.)
Mais le plus significatif, c'est que 90% des blogueurs déclarent n'avoir pas envie de communiquer l'adresse de leur blog à leurs amis de la vie courante et l'argument qui revient le plus souvent, outre la volonté de conserver un jardin secret, c'est celui que la déception est fatale parce que les gens qui ne tiennent pas de blog ne peuvent pas comprendre la démarche... Dans une réponse, un mot très fort a même été employé, celui d'exhibitionnisme... Le blogueur peut être vécu par un non-blogueur comme un exhibitionniste...
Voilà de quoi méditer et encore merci à l'ISBN (qui n'est pas seulement un vague numéro sur des bouquins tout aussi vagues) pour le sérieux et l'exigence scientifique de ses études...
20 avril 2005
Une soirée entre blogueurs
Déjà une semaine ! Mon Dieu, que le temps passe vite ! Mercredi dernier, j'étais à la soirée "Paris blogue-t-il ? "...
J'avais hésité à y aller. J'en ai parlé sur mon blog et j'ai demandé à la ronde qui comptait s'y rendre aussi, histoire de me sentir quand même moins seul...
J'ai eu une réponse positive et je me suis décidé. Mais mon accompagnatrice présumée n'a pas pu finalement venir. Sans hésitation, j'ai pris la décision d'y aller quand même. Tant pis, on verrait bien...
Je suis arrivé à l'Entrepôt vers vingt heures trente. Il y avait déjà énormément de monde : j'ai repéré tout de suite une table à laquelle les gens installés ressemblaient à des organisateurs puisqu'ils avaient autour d'eux plein de papiers...
- Bonjour, je suis Jean-Pierre Bianchi, je me suis inscrit à la soirée...
- Ah oui, le nom de votre blog ?
- "Pierre d'écriture"...
- Ah oui, je me souviens de ce nom, très joli...
- Merci beaucoup...
Un des gars attablés à ma gauche m'a tendu la main chaleureusement en disant :
- Bonjour, "Pierre d'écriture", c'est moi qui ai fait le changement d'adresse de votre blog sur "Paname Ensemble"...
- Ah, je vous en remercie...
Et on m'a tendu un badge qui mentionnait le nom de mon blog que j'ai consciencieusement scotché au revers de ma veste.
Passé cet accueil agréable, je dois bien avouer que je me suis demandé un peu ce que je foutais là. Je suis allé commander un demi et j'ai cherché une table pour m'assoir. Il y avait beaucoup de monde, beaucoup plus que de tables, et beaucoup de gens discutaient ensemble, semblant déjà bien se connaître. Pour moi, pas un seul visage connu... C'est souvent au beau milieu de la foule qu'on éprouve le pire sentiment de solitude, beaucoup plus que dans mes chères forêts des Yvelines...
Finalement, une petite table ronde dans le fond de la salle s'est libérée, avec deux fauteuils de velours rouge autour. J'ai occupé l'un deux et il était plutôt confortable, c'était déjà ça.
Assis à une table devant son verre de bière, on se sent tout de suite beaucoup mieux. Je regarde autour de moi, j'observe, je recueille des bribes de conversations de gens qui passent... Il y a quelques très belles femmes que je regarde avec envie en songeant à la chanson de Brassens, "Les passantes"...
Lorsque mon premier verre est vide, je ne peux malgré tout échapper à un sentiment d'exclusion qui est en train de grandir en moi et qui érige dans mon égo blessé ma solitude face à tous ces groupes qui sont en connivence, qui plaisantent, qui rient, qui parlent avec animation. Ils se connaissent, eux, et moi, je ne connais personne...
Je suis assis à une petite table ronde au fond de la salle et je n'attends personne... Et personne ne s'intéresse à moi, et, d'ailleurs, pourquoi devraient-ils s'y intéresser ? Cela aussi est un drame des relations humaines : mon égo face aux autres...
Mais lorsqu'on dit qu'il ne faut jamais désespérer, il ne s'agit pas d'un vain conseil : un gars est venu me parler, puis un autre, me demandant l'adresse de mon blog, de quels sujets il traitait, ce qui, finalement, est une question assez embarrassante.
Et puis, un type qui était installé avec un groupe devant moi s'est retrourné et m'a demandé s'il pouvait prendre le fauteuil qui était à côté de moi. Je lui ai dit qu'il n'y avait pas de problème et comme je me levais pour lui faire passer le siège en question, il me dit :
- Pous pouvez vous joindre à nous si ça vous dit...
- Eh bien, avec plaisir, vu que je ne connais personne...
Et voilà... Nous avons fait connaissance. C'était un cas tout à fait nouveau qui se présentait : d'habitude, lorsqu'on rencontre des gens dans un bar, ou ailleurs, on les connaît d'abord physiquement mais on ne sait rien de ce qu'ils écrivent ou de ce qu'ils pensent, au fond, et d'ailleurs, la plupart du temps, ils n'écrivent pas...
Lorsqu'on rencontre des gens par blog interposé, sur Internet, on sait souvent beaucoup de choses sur eux mais ce qu'on ignore, c'est leur apparence physique.
Cette fois, une troisième voie se présentait : des blogueurs que je connaissais physiquement avant de connaître leur blog...
Des gens très sympas : merci d'abord à Négrito de m'avoir proposé de me joindre à eux; il y avait Lauren, qui écrit sur Passive Smocking, Captain Navarre, Alecska pour Aspirant Artiste, La petite anglaise et Sierra...
Bon d'accord, c'était très anglophile, comme cercle, mais comme je suis européen dans l'âme...
Nous avons beaucoup discuté et finalement la soirée fut très agréable...
19 avril 2005
La maison de Chenevières (5)
Il faut bien reconnaître que ces vacances de l’été 1996 eurent un peu la saveur d’une veillée d’arme. Nous avions beau être dans le midi, la maison de Chenevières n’était jamais loin de nous : sans arrêt nous y repensions… Nous sommes rentrés vers le quinze août. Dès le lendemain, nous sommes retournés à Chenevières pour prendre des mesures : Marie-Claude voulait établir des plans précis pour réfléchir sur l’aménagement, les modifications et les travaux à prévoir. A peine avais-je remis les pieds dans le terrain abandonné à la folie végétale que je sentais le malaise m’envahir à nouveau, avec plus d’acuité encore. Nous étions venus avec un ami, Jacky, qui n’était pas avare de conseils. Il en donnait même un peu trop à mon goût et parfois j’avais eu le sentiment que la situation m’échappait d’une certaine façon. Je me souviens qu’ils étaient tout les deux en pleine discussion avec Marie-Claude, mesurant par ci, mesurant par là, supputant sur l’opportunité d’ouvrir tel ou tel mur, porteur ou pas porteur, et que je les suivais dans une sorte d’hébétude, incapable que j’étais de me raccrocher sérieusement aux considérations techniques qu’ils échangeaient. J’étais dans une sorte d’état second et j’avais les jambes qui flageolaient, comme emballé dans une boule de coton qui m’isolait du monde extérieur… je détestais cette sensation d’autant plus qu’elle était souvent annonciatrice d’un passage dépressif, de ces rechutes cycliques qui régulièrement revenaient me déglinguer la vie et que je redoutais par-dessus tout. Si la précédente accalmie avait duré un peu plus d’un an, cette fois, il ne s’était guère écoulé plus de six mois. Le souci sans doute précipitait la rechute et c’était bien compréhensible après tout. Dans ma tête, une véritable sarabande m’isolait encore un peu plus :
« Pourquoi m’être lancé dans une pareille aventure ? Ma vie n’était-elle pas assez compliquée auparavant ? Je n’aurais jamais dû : c’était inconscient de ma part, irresponsable, même. Oui, c’était cela, exactement cela, j’étais irresponsable… Comme un fou est irresponsable… La vie était toujours beaucoup trop belle quand j’allais mieux, je surestimais chaque fois mes forces, je me sentais capable alors de déplacer des montagnes… Mais un jour ou l’autre la réalité me rattrapait par le col et je me retrouvais face aux parois escarpées que j’avais moi-même édifiées… »
— Jean-Pierre, ça ne va pas ?
— Si, si, ça va très bien…
— Oh non, ça n’a pas l’air d’aller du tout, au contraire…
— Mais si, je t’assure…
— Depuis tout à l’heure, tu n’es pas avec nous, tu as l’air complètement ailleurs…
—Tu vas pas nous faire une déprime, dis, ça n’en vaudrait pas le coup, tu sais… A cru bon d’ajouter Jacky, tu as fait une excellente affaire, je t’assure !
J’ai dû bredouiller quelque chose d’incompréhensible et de bien piteux mais au fond de moi, j’avais envie de lui sauter à la gorge. De quoi se mêlait-il ce con-là avec ses considérations sur « l’opportunité ou non de faire une déprime » ? Qu’est-ce qu’il y connaissait à tout ça, à l’enfer que je vivais depuis des années, avec sa sollicitude à deux balles ? Est-ce qu’à un seul moment on pouvait se demander :
« Vais-je ou ne vais-je pas en faire ? Puis-je ou non me payer le luxe d’une bonne descente aux enfers ? Cela vaut-il le coup, là, maintenant, tout de suite, de souffrir, de se sentir couler sans pouvoir se rattraper nulle part, de sentir toute la tristesse du monde s’abattre sur ses pauvres épaules et ne strictement rien pouvoir faire pour relever la tête et ne pas mourir de honte à chaque instant, à chaque rencontre ? »
C’était quoi, ça, cette question dérisoire ? J’avais envie de hurler :
— Vous occupez pas de moi ! Surtout, faites comme si je n’étais pas là…
Mais je savais bien que les choses ne fonctionnaient jamais comme cela. Les gens ne s’occupent jamais autant de vous qu’aux moments où vous en avez le moins envie. Par contre, lorsqu’on voudrait qu’ils nous remarquent, comme par hasard, on semble être devenu transparents… C’est le paradoxe des relations humaines…
J’ai surpris un regard de Marie-Claude vers Jacky qui m’a brûlé comme un fer rouge. Il semblait vouloir dire :
« Eh bien, ça y est, je vais encore m’amuser, moi, pendant quelques mois… »
J’ai eu envie de partir. Mais, bien entendu, je ne l’ai pas fait. En plus on était venus avec la voiture de Jacky. Je me suis contenté de suivre, quelques pas en retrait, tentant de prendre une contenance.
Ce qui me manquait le plus à ces moments-là, c’était le courage…
*
La rentrée des classes est arrivée très vite. Cette année-là, je n’avais pas à prendre les élèves car j’avais obtenu un congé-formation et j’allais faire la rentrée universitaire à la Sorbonne vers le 20 octobre. En attendant, je suis resté dans mon bureau de directeur pour mettre en ordre tous les papiers et imprimés divers avant d’aller à la fac. J’étais aussi chargé de mettre au courant, petit à petit, la collègue qui devait me remplacer à la direction de l’école durant l’année scolaire. C’était une situation très inhabituelle pour moi de n’avoir pas d’élèves aux horaires scolaires…
Chaque jour, la pression de l’angoisse se faisait plus intolérable. Je n’avais plus envie d’acheter la maison et je n’avais même plus envie d’y retourner. Je n’avais plus envie d’aller à la fac, je n’avais plus envie de rien. Lorsque les élèves entraient en classe, je retournais me réfugier dans la solitude de mon petit bureau, solitude qui ne tardait pas, elle non plus, à devenir pesante et angoissante à son tour. Et pourtant, comme chaque fois à ces moments-là, je rêvais de me retirer du monde, de me blottir dans un endroit caché, abrité des regards, de me lover en position fœtale et de m’endormir pour longtemps, très longtemps, dans la paix des profondeurs. Le moindre bruit me tirait de ma rêverie et me faisait sursauter avec ce vertige au creux du ventre que je connaissais trop bien…


















