30 juin 2005
Hier et Aujourd’hui
Le temps a passé :
Le temps d’un soupir,
D’une pensée…
Hier,
La terre était gelée,
Dans sa gangue de glace
Figée.
Aujourd’hui,
Elle est chaude,
Vibrante,
Foisonnante ;
Le blé qui blondit
Et l’herbe dense
Bruissent de milliers d’existences,
Fugaces,
Ephémères,
Comme ce mois de juin,
Si riant, si chantant,
Qui mourra demain…
Rien ne sera plus comme aujourd’hui,
Le ciel aura changé
L’eau aura coulé
Le temps sera passé
C’est la vie…
Chennevières
30 juin 2003
29 juin 2005
Concert à la Bergerie
Ce soir, je suis retourné à la Bergerie Nationale, pas pour la ferme pédagogique cette fois, mais pour le festival de Rambouillet, et, en particulier le concert de Bernard Lavilliers...
Ce billet de concert, c'était un cadeau de mes enfants pour la fête des pères : En voilà des enfants qui ont des super bonnes idées !
Le concert était vraiment génial. Il a chanté quasiment tous les titres de son dernier album "carnet de voyage" que j'adore, plus quelques grands tubes qui ont marqué sa carrière, comme "On the road again", "Pigalle la blanche", "Reggae", "Les mains d'or"...
Bravo, c'était splendide, et encore plus avec comme toile de fond le pigeonnier de la Bergerie Nationale...
Encore merci à vous : Benoit, Juliette, Antoine et Benjamin !
Je n'ai eu qu'un regret : celui que vous ne soyez pas avec moi pour partager ce grand moment.
Merci.
PS : j'ai triché un peu car je n'aurais pas pu poster cet article à 23h59 vu que le concert ne s'est terminé qu'à minuit et demi et que le temps de sortir du parc du château de Rambouillet (gros embouteillages) et de rentrer à la maison, il était quasiment une heure et demi. J'ai rédigé cela en fait le lendemain matin mais chut !
28 juin 2005
La peur (2)
Lorsque je repense à l'aventure d'hier soir, je me dis qu'au fond la peur est l'un de nos premiers systèmes de défense.
La peur est notre système d'alarme, un peu comme la douleur...
Sans peur et sans douleur, on irait souvent droit à notre propre perte...
Et pourtant bien souvent, nous refusons les deux : la peur et la douleur, car, il faut dire, que ces deux-là, il leur arrive de devenir trop envahissantes. Un peu comme des systèmes d'alarmes qui s'emballent ou se dérèglent et se mettent à sonner à tort et à travers...
Une fois de plus, le bien et le mal sont contenus dans la même enveloppe, sont les deux faces de la même médaille.
Courage, audace, témérité, prudence, lâcheté, pusillanimité ne sont que des mots, des couleurs sur la palette d'un peintre qui ne parviendront jamais qu'à rendre compte bien imparfaitement de la réalité qui est toujours un mélange complexe...
27 juin 2005
La peur
Je pensais traiter le sujet un peu plus tard : je ne savais pas encore bien si j'allais convoquer quelques souvenirs ou réfléchir d'une manière plus ou moins théorique sur le mécanisme de la peur... Ou peut-être les deux... Sans doute, même, c'est ce que j'aurais fait. Et puis, alors que je ne m'y attendais pas le moins du monde, la vie et ses aléas m'ont donné de la matière...
Le soleil couchant vient caresser la surface de l’eau. Tout est calme, reposé. Je me suis bien baigné, je vais bientôt partir. Le vert des jeunes feuilles de noisetier a quelque chose d’attendrissant dans la lumière dorée. Les bruits habituels de la forêt et de l’étang me bercent doucement. Je suis parfaitement bien. Je me rhabille et je prends le chemin du retour…
Dans les derniers rais de lumière dorée, des centaines de moucherons tournoient. Vicky trottine à mes côtés : je la garde en laisse car comme elle vient de se baigner, elle est bien propre et je sais qu’il y a sur le chemin du retour un ou deux marigots qu’elle affectionne tout particulièrement…
Tout à coup, elle tombe en arrêt. A cinquante mètres devant nous environ, il y a un énorme sanglier qui traverse sur le chemin. Très vite, je vois qu’il s’agit d’une femelle, une laie avec ses marcassins, qui sont tout petits… Ils ne doivent avoir que quelques jours. Je m’arrête et je m’accroupis, à côté de Vicky, que je fais asseoir. Les petits ont fini de traverser et sont à l’abri dans les fourrés à gauche du chemin. La mère, elle, reste sur le chemin, comme pour nous surveiller, évaluer nos intentions. Je sors l’appareil photo de son étui… La photo sera malheureusement un peu flou car il n’y a plus assez de lumière à cet endroit-là…
Comme nous ne bougeons pas, elle finit par rejoindre ses petits sur le côté du chemin. Elle disparaît à son tour. Avec Vicky, nous lui laissons le temps de rassembler sa petite troupe et de poursuivre sa route.
Au bout d’un petit moment, je me redresse et je me remets à marcher, suivi de Vicky qui a réglé son allure sur mon pas.
Arrivé à quelques pas de l’endroit où elle se tenait, je vois une grosse forme brune dans les hautes herbes et j’ai à peine le temps de réaliser que la laie n’est jamais partie qu’elle est déjà en train de me charger. J’ai juste eu le temps de faire un bond en arrière en hurlant… Vicky m’a échappé et elle a détalé cinquante mètres en arrière, ne demandant pas son reste…
Heureusement, mon cri a arrêté la laie qui, immobile maintenant, en plein milieu du chemin, guette le moindre de mes mouvements. Je comprends que si je fais un seul pas en avant, elle charge à nouveau. Avec d’infinies précautions, je recule… Pas après pas… Au bout d’un temps qui me paraît infini, comme si l’espace-temps s’était brusquement distendu, je rejoins Vicky, assise sur son arrière-train, se gardant bien, elle aussi, de toute provocation.
Il est clair que les marcassins sont installés dans les fourrés au bord du chemin et que leur mère ne nous laissera pas passer. J’ai un instant de panique : comment rentrer alors ?
Mais je reprends vite mes esprits car en rebroussant chemin de quelques dizaines de mètres, je m’aperçois qu’il y a moyen de passer sans doute par le pré en contrebas du chemin...
Et c’est ce qu’on a fait… Heureusement, nous avons pu passer à une distance respectable de la famille sanglier…
Arrivé à la voiture, j’avais les jambes qui tremblaient…
Et pourtant, le soir était tout aussi paisible…
26 juin 2005
Au frais
25 juin 2005
Saint-Valéry en Somme
24 juin 2005
La maison de Chenevières (10)

Une période noire commence...
23 juin 2005
La maison de Chenevières (9)

Les premiers travaux sous le signe du découragement...
22 juin 2005
Baignade champêtre
Il fait toujours très chaud.
Je suis rentré du boulot vers dix-neuf heures et je suis reparti aussitôt avec Vicky et la caravelle. A cinq minutes de chez moi, il y a la forêt de Saint-Rémy l'Honoré et, au coeur de cette forêt, il y a deux étangs. Le plus petit est d'accès assez difficile et il est toujours désert. C'est un peu mon secret que je garde jalousement. Les soirs de chaleur, comme aujourd'hui, je vais m'y baigner. Il y a un ponton de bois où l'on peut s'étendre et d'où l'on peut plonger. Ce soir, j'y suis arrivé à vingt heures précises. Je me suis déshabillé et j'ai plongé aussitôt avec délice dans l'eau fraîche. Le soleil déclinant touchait la cime des arbres de la rive d'en face. Le soir paisible dans la lumière dorée résonnait de trilles,sifflets et chants de dizaines d'espèces d'oiseaux, des appels rauques des canards dans les roseaux, du bourdonnement des mouches, taons et libellules attirés par la peau humide. Quelquefois, le craquement d'une branche sous les pattes de Vicky dans les hautes fougères derrière le ponton et le baiser mouillé d'un poisson venant crever la surface de l'eau pour gober un insecte... Le bois trempé du ponton luisait comme un miroir... C'était un instant sacré d'harmonie avec le monde où seul compte le présent; un instant de paix véritable.
21 juin 2005
Il fait trop chaud
Chaud !
Il fait vraiment trop chaud pour travailler !
Dans ce bureau, l’air est étouffant, moite, confiné… Le tissu du pantalon colle à mes jambes qui voudraient être ailleurs que sur cette chaise de dactylo, coincées sous cette table d’ordinateur.
Le boulot, quand il fait chaud comme ça, ça devrait être interdit.
On comprend mieux que les peuples du sud soient plus nonchalants comme on dit…
Je voudrais être ailleurs, pas dans ce bureau, pas dans cette ville où j’ai la sensation de me liquéfier…
Je voudrai être étendu nu sur un lit de mousse humide, près d’une cascade, à l’ombre d’un eucalyptus. L’eau verte et limpide du torrent me tendrait les bras, m’appellerait dans ses ondes et m’envelopperait dans sa longue chevelure verte et fraîche. J’aimerais tant pouvoir m’abandonner à ses caresses en écoutant sa douce musique cristalline.
Mes pieds auraient besoin de fouler les énormes blocs de granit, le gravier blond, le sable chaud, la mousse élastique…
Ils ne veulent plus de ces chaussures qui les étouffent !
Mon corps veut retrouver sa liberté…
Mon corps veut retrouver son animalité…
Il veut vivre une vraie vie :
Les frissons,
La chaleur du soleil,
La brûlure de l’ortie,
Le piquant de la ronce
La fraîcheur de la pierre à l’ombre
La rugosité de l’écorce
Le langage des sens,
C’est l’été aujourd’hui
Et mon corps veut revivre :
Il connaît l’appel de l’été…


















