Pierre d'écriture

Chronique d'un écrivain ordinaire

31 décembre 2007

Il y a une semaine déjà (1)

Flumet

C'était lundi matin, au réveil, à Flumet dans le Val d'Arly, entre Ugine et Megève. J'étais arrivé la veille au soir à Praz sur Arly. Mon ex-femme y avait loué une semaine un grand appartement pour réunir tous les enfants. Et puis, peu de temps après, Benjamin avait eu son accident de scooter et s'était retrouvé la jambe immobilisée dans le plâtre. Impossible pour lui de descendre en voiture... Alors, j'ai décidé de réaménager la Caravelle pour lui permettre d'être de la fête. Je lui ai construit une couchette sur laquelle il pouvait voyager entièrement allongé, mais beaucoup plus facile d'accès pour lui que l'ancien aménagement, sur lequel il n'aurait jamais pu s'installer.

Après un voyage un peu long, mais sans histoire, j'ai été invité à manger. On m'a proposé un lit mais j'ai refusé. Je reviendrais juste pour le réveillon. J'étais parti pour une semaine d'errance, comme pour ces vacances de Noël à la fin de 2005 où j'étais allé chercher la yourte en Ardèche...

La nuit fut un peu froide dans la Caravelle. Aussi je décidai de passer les autres dans la tente, qui conserve mieux notre chaleur, à Vicky et à moi...

Givre

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22 décembre 2007

Joyeux Noël

Noel

Je pars  une semaine à la montagne, pour fêter Noël avec les enfants.

Joyeux Noël à toutes et à tous !!!

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21 décembre 2007

Sur la glace

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Il fait un froid de canard depuis quelque temps et toutes les pièces d'eau du parc du château sont prises dans les glaces dans leur quasi-totalité...

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Canards, justement, et oies bernaches sont en infraction... Quelle impudence !

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Et pas un flic pour verbaliser ! Mais que fait la police ?

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19 décembre 2007

Face à face

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Joëlle Bouvier danse en solo dans son dernier spectacle, Face à face.

Dans un décor d’une sobriété magnifique, tout en noir mat et gris, elle entre sur scène dans une robe de soirée violine et escarpins  à talons hauts, silhouette magnifique. Une femme assumée, sensuelle, provocante, aguicheuse, lascive, langoureuse, triomphante…

Tout le fond de scène, c’est un grand tableau noir sur lequel elle dessine à la craie blanche de nouveaux éléments de décors. Il y avait, avant qu’elle arrive, une horloge à laquelle il manquait les trois dernières heures (celles du spectacle ?), et elle y ajoute une fenêtre, et puis une petite table avec un vase et un cendrier, le trou d’une serrure… Elle brandit une grosse fleur de papier journal et elle y met le feu. De grandes flammes s’élèvent et puis de la fumée, des cendres, et elle joue avec ces éléments de décor fugaces et immatériels, qui prennent un relief extraordinaire avec les éclairages et les arrière-plans. Il y a de l’eau qui dégouline comme la pluie d’automne qui n’en finit pas et une pluie de pétale de roses en une explosion de couleurs…

L’accessoire qu’elle utilise le plus souvent pour danser, c’est une chaise… Une chaise qui est rarement sur ses quatre pieds, mais plutôt, toujours, dans des positions improbables, à la limite du déséquilibre, de la rupture. La danseuse, comme la chaise, adopte sans cesse des postures incroyables, comme si l’on nous donnait à voir une image instantanée prise au cours d’une chute qui n’en finirait pas…  Alternent à un rythme échevelé le noir et les couleurs, l’ombre et la lumière, l’eau et le feu, la peur et la volupté, la langueur et la tempête…Bouvier1

Joëlle Bouvier, lorsqu’elle parle de son spectacle, dit que c’est une forme symbolique de son indépendance. Et elle dit aussi qu’il n’y a pas de plus grande émotion que le langage du corps. Lorsqu’on assiste à ce magnifique spectacle, largement teinté de poésie, d’érotisme et d’onirisme, d’une beauté plastique extraordinaire, on ne peut qu’en être convaincu.

Joëlle Bouvier sur WikipédiaBouvier2

Son actualité

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17 décembre 2007

Le lutin de l’alexandrin

Mais où est-il donc passé ce sacré lutin ?
Lui qui  nous rendait désirable le latin,
Qui nous faisait fantasmer sur l’alexandrin,
Bercés par les cours ennuyeux des mandarins…

Même un peu distraits par le tourbillon des feuilles
Dans la cour, ou sur le tilleul, un écureuil !
Vite, on raccrochait à la parole sacrée…
Dans les mots et le savoir, on s’était ancré…

Comme par un coup de sa baguette magique,
Il nous donnait l’envie de suivre leur logique,
De pénétrer dans leur monde, leur univers,
Lire, écrire et dire quelques uns de leurs vers…

Tous ces vers qui nous parlaient de l’humanité,
D’errance, de nostalgie et de liberté,
Engagés sur le chemin de la connaissance,
Les profs nous avaient offert une autre naissance…

Le lutin de nos jours a quitté le lycée,
Son charme secret a délaissé la pensée…
Aujourd’hui, Les profs  sont ni pires ni meilleurs,
C’est juste que ce sacré lutin est ailleurs…

Texte écrit pour les Impromptus littéraires...

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16 décembre 2007

Ballade à l'étang d'Or (2)

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Tout a changé depuis le 11 novembre, sur les berges de l'étang d'or... Cette fois, au lieu d'un  paysage d'automne aux couleurs d'or, on se trouve face à un décor hivernal, aux mille paillettes d'argent...

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C'est assez drôle de voir Vicky glisser sur la couche de glace encore assez mince et brusquement passer au travers, avec une patte sur quatre qui s'enfonce dans l'eau...

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Le froid n'a pas l'air de la rebuter, elle ! Elle se baigne avec le même enthousiasme que d'habitude !

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12 décembre 2007

Ma lettre au Père Noël

Très cher Père Noël,

      Mon cher père Noël, j’ai longtemps cru en toi, très longtemps. Pas loin de cinquante ans… Et ce n’est peut-être même pas fini… Eh oui, si longtemps ! Attends, je m’explique… Je ne suis pas si naïf tout de même. Enfin, si, quand même, un peu : reprenons depuis le début. Tout gamin, comme les autres, je mettais mes chaussons sous le sapin scintillant et je dormais mal, cette fameuse nuit où tu devais m’apporter des joujoux par milliers… Et puis, un jour, à l’école, j’ai compris que c’étaient les parents qui mettaient les jouets. Logique, au fond : comment avais-je pu me laisser embarquer dans de telles sornettes ? Mais, le plus terrible, c’est que je n’en tirai pas la moindre leçon pour plus tard. Au catéchisme, à l’école, on me raconta des tas de belles histoires où se vérifiait toujours le proverbe « bien mal acquis ne profite jamais », où les menteurs étaient toujours punis et où l’honnêteté, la probité et la sincérité étaient toujours récompensées. J’y ai cru dur comme fer à ce monde de justice, j’y ai cru dur comme fer que les derniers seraient les premiers. J’y ai cru longtemps, très longtemps, sans me rendre compte que, sur la terre, en fait, ça ne marchait jamais comme cela, que les riches et les puissants mentaient régulièrement, sans jamais s’attirer les foudres divines, sans jamais avoir le moindre ennui, au contraire… Bien au contraire… Que la morale, on la réservait pour les enfants et pour les pauvres… Mais que dans les hautes sphères, dans les milieux de pouvoir, tout n’était que cynisme, calcul et dissimulation. Seul l’argent comptait. Logique, au fond… Là encore, j’aurais dû m’en douter. J’avais beau lire les journaux, je ne me rendais compte de rien. Mais c’était comme pour toi, vieil homme en rouge et blanc : j’avais envie d’y croire, parce que c’était beau. C’était une si belle idée… Un jour, j’ai rencontré l’amour, et j’y ai cru. J’ai cru à l’amour éternel, aux vibrants serments, aux amants de Vérone, aux baisers passionnés. J’y ai cru, longtemps, très longtemps. Et puis, un jour, je me suis rendu compte que ce que j’avais pris pour le grand amour n’était plus qu’une relation humaine d’une triste banalité au fond, avec son contingent de conflits de pouvoirs, de jalousie, de mesquinerie… Logique, en définitive… Comment avais-je pu croire en de telles fariboles ? Je voyais les couples se défaire, se déchirer autour de nous, mais je croyais dur comme fer qu’on était différents. Et pourquoi, Grand Dieu, aurions-nous été différents ? Pour quelle raison les choses ne se passeraient pas pour nous comme elles se passent en général sur la terre ? Pour quelle raison notre misérable vie aurait-elle la moindre chance d’être différente de celles des milliards d’êtres humains qui peuplent cette planète ? Parce que, là haut, au coin d’un petit nuage,  il y aurait un Dieu qui veillerait sur nous ? Sur nous, plutôt que sur les milliards d’autres ? Oui, mais, si je n’y crois pas un peu, un tout petit peu, au fond de moi, même sans vouloir l’avouer, si je n’y crois plus du tout à cette sorte d’élection, à cette sorte de privilège, de lumière sur mon chemin, est-ce que je puis continuer à vivre ? Tu vois, Père Noël, même moi, après tout ça, même moi, qui pensais être lucide, je n’ai pas encore fini de croire en toi… Tant que je serai vivant, il faudra bien, bon an, mal an, que je croie quand même un petit peu au Père Noël… Décidément, tu as encore de beaux jours devant toi…

Texte écrit pour les Impromptus littéraires...

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09 décembre 2007

Anniversaire dans le plâtre

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C'était hier soir, chez mon ex-femme... Nous fêtions les seize ans de mon petit dernier, Benjamin. Le pauvre a eu un accident de scooter il y a presque trois semaines et il avait son scooter depuis moins de trois semaines... Il n'a pas eu de chance, il s'est fracturé le genou... Mais tout ça ne nous a pas empêché de passer une formidable soirée. Il était bien entouré le petit !

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08 décembre 2007

Chant secret

chant_secretC’est une société où il faut être heureux, où il faut sourire à pleines dents et tout le temps…

Radio Bonheur entretient une joie perpétuelle et surveille : La tristesse est une dangereuse déviance… Deux familles sont en compétition pour remporter le trophée de la famille la plus heureuse. La famille Rivière et la famille Delorme. La mère de la famille Rivière se nomme Béatitude, le père, Ange-Bonheur… Les Delorme, c’est Félicité et Allègre…

Mais derrière la façade, une fois que la porte est refermée, les masques figés de la joie tombent parfois et l’on se laisse aller à l’inavouable, juste quand il n’y a pas de témoins. Parce qu’une sorte de Big Brother de la Joie Sacrée veille et traque les malades, les inadaptés… Parce qu’il y a des mots tabous : noir, nuage, pluie, désespoir, mélancolie, nostalgie… Et puis, peu à peu, on découvre qu’il y a, malgré tout, en dépit des apparences,  des résistants, qui dans l’ombre, en se cachant, chantent le blues et hurlent les mots interdits. Ces résistants, vécus comme de dangereux terroristes par le pouvoir en place, se rassemblent, s’organisent et osent enfin laisser s’exprimer leur chant secret…

Cette société où il faut être heureux à tout prix, ça ne vous rappelle rien ? Cela n’évoquerait-il pas un peu, pour vous, les clips ou les affiches publicitaires avec lesquels on vous matraque à longueur de journée où tout le monde, dans une éclatante lumière, est jeune, beau et heureux ? Une société de l’apparence, de la « positive attitude » ?

Chant secret, c’est une fable politico-poético-musicale, à la fois  écrite avec talent et intelligence et magnifiquement interprétée par la compagnie Mélodie théâtre.

Vraiment du beau travail ! Bravo !

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05 décembre 2007

Divagations

Autrefois le lézard grincheux
Invita le caméléon débile,
D’une façon fort civile,
A des reliefs fâcheux...

Dans un igloo sous la neige,
Le couvert de faïence beige,
Je laisse à penser la vie
Que firent ces deux amis

L’une des farces favorites
Du caméléon débile :
Passer et repasser
Sur du tissus écossais…

Ah le régal fut farce !
Du poulpe de mars,
De la seiche garcette,
Pleine de gouttes d’encre violette…

Mais quelqu’un troubla la fête,
Pendant qu’ils étaient en train,
Le lézard tomba sur la tête,
Le caméléon détala à fond de train…

De retour dans l’igloo,
Avec le caméléon fou,
Le lézard s’exclama :
Achevons notre rata !

Dès lors, dans l’igloo désormais,
L’ambiance était plombée...
Le caméléon déclara :
Demain vous viendrez chez moi !

Sans doute trouvez-vous
Que je suis un peu fou...
Mais chez moi pas de danger
D’être ainsi dérangé !

Sur une idée de ce bon vieux La Fontaine (Le rat des villes et le rat des champs), avec quelques digressions inspirées par la Rubrique A  Brac de Gotlib, et des figures imposées par les Impromptus littéraires

Posté par Pierre Decriture à 15:59 - Mots à chanter - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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